Confiance en soi : allégeons notre sac à dos (partie 2)

AVOIR CONFIANCE EN SOI : Alléger son sac à dos

SAC A DOSAvoir un bon niveau de confiance en soi (mais qu’est-ce qu’un « bon » niveau ?) est lié à l’estime que l’on a de soi (et vice versa). Avoir confiance en soi nous permet d’aller de l’avant, de faire, de tenter … Avoir une bonne estime de soi nous donne envie de réussir mais nous autorise aussi à échouer sans que cela tourne à la catastrophe ou à la dépression.

Il s’agit aussi bien du perso – nos choix de vie – que du pro – nos choix de vie pro mais aussi la gestion quotidienne de notre monde professionnel … comment nous nous positionnons, comment nous évoluons, comment nous entrons en relation avec notre entourage …

Dans un précédant article, j’avais abordé la confiance en soi sous l’angle « inné ou acquis », apportant un début de réponse dite « de normand », à savoir « un peu des deux ».

Dans cette 2ème partie, je vous propose un exemple parmi d’autres de ce qui leste notre « sac à dos » (c’est-à-dire ce que nous portons et pèse parfois fort lourd) et notamment l’impact de certains messages et injonctions.

Comprendre est essentiel pour nous distancier, pour être capable de nous regarder de l’extérieur. Comprendre ce qui induit nos modes de fonctionnement, ceux que nous apprécions mais aussi – et surtout – ceux qui nous freinent, nous font parfois nous sentir mal (vous savez, les moments où l’on a la sensation que notre « véritable Moi » n’est pas celui que nous donnons à voir mais que nous sommes comme ligotés !) … se distancier pour poser un regard objectif sur ce qui ne l’est pas du tout … s’autoriser à sortir de certains schémas qui nous ont été imposés.

Comprendre est donc essentiel … mais malheureusement pas suffisant pour nous permettre de modifier nos manières de penser, de ressentir et surtout de faire.

Ce qui plombe notre confiance en nous : l’image du sac à dos

Dans notre « sac à dos » existentiel, il y a ce que nous avons choisi d’y placer nous-mêmes et il y a ce qui a été posé là par d’autres : nos parents, notre environnement culturel, social, religieux, l’école …

Ce dont il s’agit, c’est de faire un tri pour ne conserver que ce que nous choisissons en toute conscience. En examinant ces différents éléments les uns après les autres, nous allons décider d’en conserver bon nombre, parce que nous y adhérons (la politesse, le respect, certaines valeurs qui différent d’un individu à l’autre) ; mais ces valeurs doivent répondre à des choix personnels et réfléchis et non à un endoctrinement dans lequel nous sommes immergés voire parfois engloutis.

Dépasser les messages trop prégnants de notre environnement

Dans notre sac à dos, il y a notamment des messages, des injonctions, transmis par notre environnement, quel qu’il soit. Ces messages sont pour la plupart nécessaires car ils nous ont aidés (et nous aident toujours) à nous construire et à vivre au quotidien. Mais ces mêmes messages peuvent aussi être ceux-là mêmes qui sapent notre confiance et notre estime de soi.

Prenons par exemple le message « fais plaisir » … C’est un message qui nous permet d’être à l’écoute, d’entendre et de faire de la place à l’Autre (perso ou pro) … c’est donc un message très positif pour notre vie en société.

Mais il arrive parfois (souvent ?) que ce message nous ait été transmis, notamment par nos parents, d’une façon si prégnante que nous avons besoin, d’une manière un peu démesurée et continue, du regard bienveillant – voire aimant – de cet Autre pour nous sentir bien et apprécié.

Un exemple ?

Alex est un collègue extrêmement sympathique, toujours à s’enquérir des uns et des autres … un peu timide mais extrêmement gentil et aidant. A tel point que, dès que l’un de ses collègues est en retard sur un dossier, il sait qu’il peut demander de l’aide à Alex qui ne dit jamais non.

Pourquoi Alex ne dit-il jamais non ? Est-ce que cela sert à quelque chose ? Peut-il même y avoir des conséquences négatives ?

Alex ne dit jamais non parce que, très probablement, les messages qu’il a reçus enfant lui ont fait intégrer le fait que, pour être regardé, apprécié, aimé, il fallait « être toujours gentil », « faire plaisir », « être dévoué » ; Comme, voir le 1er article de cette série, nous voulons être aimés et appréciés, Alex se met en quatre pour les uns et les autres …quitte à parfois / souvent s’oublier.

Est-ce qu’Alex est particulièrement « aimé ou apprécié » du fait de son attitude ?

Oui, peut-être …. Enfin, on le trouve très probablement très gentil … peut-être pour certains un peu « poire » … Est-ce que, pour autant, ses collègues lui rendraient la pareille ? Pas obligatoirement … après tout, c’est son choix de toujours rester après l’heure ou de prendre des dossiers en plus n’est-ce pas !!! On n’est pas obligés de faire la même chose !

Est-ce qu’Alex est « respecté » ? La question ne se pose probablement pas …

Est-ce que, dans un milieu professionnel, on a besoin d’être « aimé » ou « respecté » ??  Bonne question …

Maintenant, imaginons la situation suivante : Alex est débordé … il a 3 dossiers à terminer et en plus, il s’est engagé à aider Bruno qui était en retard sur un projet. Sur ce, Christine vient lui demander de terminer un mémo pour elle parce qu’elle n’a vraiment pas le temps …

Il se trouve que lui non plus … va-t-il lui dire et refuser ? Impossible !!!!  Donc il prend.

Conséquences possibles ? Enfoui sous le travail, il n’a pas eu le temps de tout finir. Résultat ? Christine et Bruno sont furieux après lui et lui reprochent de n’être pas fiable et de les mettre dans une situation intenable.

Effets possibles sur Alex ?

  • Gros désarroi et confiance en soi déjà pas bien haute au fond du trou (« C’est sur … il a vraiment été nul et ses collègues qui sont bien embêtés à cause de lui … c’est vraiment sa faut !»)
  • Frustration (tout seul chez lui) : je fais tout ce que je peux et …. Quand même, j’ai aussi du boulot … ils se rendent pas compte ! » (ben non, « ils  se rendent pas compte » puisqu’Alex dit toujours oui !)
  • Voire « pétage de câbles » devant ses collègues qui ne comprennent rien (il est pourtant toujours si calme)

Qu’est Alex aurait pu / du faire ?

Expliquer posément à Christine (voire à Bruno) que « ç’aurait été avec plaisir qu’il les aurait aidés, malheureusement cette semaine, c’est impossible … » (il n’a même pas besoin de se justifier, c’est juste impossible).

Est-ce que Alex peut faire cela et trouver en lui les ressources pour faire preuve d’assertivité ?

Pour le moment, non, il ne peut pas … parce que ce message « fais plaisir » est tellement ancré en lui qu’il ne lui permet pas de trouver la confiance (ni l’estime) qui lui permettront de s’affirmer.

Demain … oui, il en sera capable … s’il comprend d’où lui vient ce besoin de « faire plaisir » aux détriments de ses propres besoins mais aussi, s’il engage un travail très pratique et concret pour aller au-delà de la compréhension et passer à l’action..

Le « fais plaisir » est un excellent exemple de ce qui bloque et freine notre confiance en nous. D’autres exemples, telles certaines croyances limitantes que nous développons envers nous sont aussi tout à fait intéressantes.

J’y reviendrai dans le prochain article … pour ensuite aborder dans le suivant des moyens concrets « d’aller de l’avant », de dépasser ces messages parfois très contraignants et se mettre en situation de créer un cercle vertueux de la réussite et de la confiance en soi.

Et vous, comment gérez-vous votre « fais plaisir » ?

Avoir confiance en soi

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